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16.01.2008
Amérique : Touche pas à mon po(s)te !
Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'élection américaine s'annonce haute en couleur, et ce depuis que l'équipe Clinton a cru bon de confondre discours politique et bavette chromatique.
Avec une démarche aussi reptilienne on est bien loin de casser la...Barack !
En tout cas selon l'AFP "Le racisme s’est invité dans la campagne présidentielle américaine, avec des critiques lourdes de sous-entendus venues de l’équipe de Hillary Clinton, décrites dans le camp de Barack Obama comme une manoeuvre concertée pour effaroucher l’électeur.
A en croire certains commentateurs, l’équipe Clinton chercherait à petites touches à donner de Barack Obama, qui ambitionne de devenir le premier président noir, une image correspondant à une caricature d’homme noir drogué et musulman, susceptible d’effrayer une majorité d’Américains.
Pour couronner le tout, l’équipe Clinton serait également coupable de minimiser l’oeuvre de Martin Luther King, le leader de la conquête des droits civiques pour les Noirs - peut-être dans le but de provoquer la polémique et de pousser M. Obama à accentuer une thématique qu’il met en sourdine.
“Le rêve de (Martin Luther) King a commencé à être réalisé quand le président Lyndon Johnson a fait adopter la loi sur les droits civiques de 1964 (...), il a fallu un président pour y arriver”, a récemment dit Mme Clinton.
Commentaires
Ne nous trompons pas, si Barak accède à la maison blanche, il ne sera pas le premier homme noir président des USA mais le premier métis.
Ecrit par : Djé | 16.01.2008
Djè, c'est généralement nous les noirs qui faisons la différence entre noirs et métis. Les métis aussi font cette différence, mais aux yeux de l'occident un métis est un noir. Le métis, lui a le choix de se considérer comme un blanc, comme un noir ou comme un métis. Mais je pense qu'il n'y a aucun mal à voir en un métis, un noir. Si les blancs aussi pouvaient le voir comme un blanc, se serait la réconciliation tant attendue entre les fils de la terre !
Les questions identitaires font grincer tellement de dents que je me demande si certains ne finiront pas par dire "non ce n'est pas le premier noir élu, mais le premier guéré", le jour un "vrai" (?) noir en viendrait à être élu !
Attention à la réduction à l'infini. Barack is black, my guy !
Ecrit par : Edgar Yapo | 16.01.2008
Primo, s'il y'avait une confrontation entre le républicain noir Colin Powell et le démocrate métis Obama, ma voix irait vers le second car je suis plutôt de sensibilité de gauche, donc je ne me reconnais pas dans la "réduction à l'infini" que tu évoques.
Deuxio, Je suis peut être rétrograde ou vieux jeux mais j'aime appelé un chat un chat. Il me semble qu'aux balbutiements de sa campagne Barak n'avait pas les faveurs de la communauté noire qui lui reprochait sa culture de "métis" et donc d'être éloigné des problèmes de la communauté noire : "c'est généralement nous les noirs qui faisons la différence entre noirs et métis"
Aujourdh'ui les blancs ont oublié que sa mère est une des leurs : "aux yeux de l'occident un métis est un noir". Et à l'inverse le côté noir du quarteron Alexandre Dumas est généralement passé sous silence.
Psychologiquement parlant ça ne doit pas être tous les jours facile d'être métis
J'admets que les métis sont généralement considérés comme des noirs, je ne peux le nier mais reconnaissons tout de même que cette dualité qu'on leur impose selon les convenances,n'est pas vraiment saine pour leur construction personnelle.
je reste donc persuadé qu'on leur rendra plus service en les considérant comme ce qu'ils sont c'est à dire un des plus beaux fruit de l'hummanité, et non pas en occultant la moitié de ce qu'ils sont.
En tout cas c'est dans cette philosophie que j'élève mon métis de fils.
Ecrit par : Djé | 16.01.2008
Mon cher Djè, la réduction à l'infini, ici, n'est pas liéé aux choix politiques. C'est une expression que j'ai employée pour parler du risque d'un fractionnement identitaire illimité. Pour moi, il faut faire attention à ne pas exacerber la recherche des particularismes. Je ne parlais pas de choix politique, mais de regards sur l'identité raciale.
"Deuxio", je ne sais pas si tu as perçu l'aspect quelque peu sarcastique du titre du post, mais moi non plus, Barack, ne me passionne pas. Il me console à peine ! J'ai le sentiment en le voyant émerger, que ce qui porte la marque du noir, n'est pas fatalement condamné à l'échec.
C'est vrai que l'accesion de Barack au pouvoir ne serait pas un renversement copernicien, mais c'en serait déjà un tournant !
A propos de dualité, je dirais qu'elle fait partie de la vie. On ne peut la gommer, cher frère.Les métis comme toutes personnes, sont des identités duelles. C'est le fait de l'occulter qui serait couteux pour l'équilibre individuel. Mais ce qui est vrai pour les métis est vrai pour tout le monde. Nos autres noirs camés à l'héroine de comportements occidentaux sommes des métis à notre façon et nous n'avons pas à nous occulter cette réalité. Mais bien que nous soyons aujourd'hui profondément différents de certains de nos frères non académiquement formés, nous prendrions comme injure à la race qu'on nous traite d'"évolués", bien que cela soit quelques peu fondé.
Il n'y a pas de race "pure", pas d'identité univoque. Les métis sont une synthèse identitaire, il ne faut pas le leur cacher.Et tu as fort raison de le souligner, mais dire que Barack est noir ce n'est pas lui cacher l'autre partie de lui-même, c'est lui exprimer notre ouverture, lui ouvrir les bras.
Une table carée reste du bois, bien qu'elle appartienne désormais au cercle des figures géométriques.
Si les arbres lui crient, tu es des nôtres, il disent vrai. Si les figures géométriques lui soufflent "tu es des nôtres", ils disent vrai aussi. Rien n'est occulté. Il n'y a simplement qu'un ticket à deux places, comme cela arrive souvent dans la vie de tous les jours.
En foi de quoi, je déclare que Barack is black, my guy !
Ecrit par : Edgar Yapo | 16.01.2008
j'avais bien saisi pour la réduction à l'infini, j'ai juste transposer (à tort) la question à la sphère politique pour coller au sujet du post.
et tout a fait ok avec toi,Ed, pour l'identité duelle de tout un chacun, même si je pense que les métis (et dans une moindre mesure les noirs de la diaspora) sont quand même un peu plus confrontés à ce malaise.
Mais bon je pense qu'on aura l'occasion d'en débattre à nouveau.
Ecrit par : Djé | 16.01.2008
Sans faute ! et merci infiniment pour ta contribution judicieuse !
Ecrit par : Edgar Yapo | 16.01.2008
Les Noirs de Harlem qui ont du sang blanc refusent de se considérer comme métis parce que rien ne le prouve. Mais eux aussi sont un mélange de couleur. Le métissage, c'est aussi un mélange de terres. Du genre, être né à Abidjan, d'un père tchadien et d'une mère nigérienne et être de nationalité canadienne. Tu joues dans quelle équipe là là ?
Tout ça pour dire que notre futur Drogba a beau être métis, c'est un Eléphant qu'Anouma ira chercher au Caterpillar s'il le faut ! Ou bien, Djé ?
Ecrit par : Théo | 17.01.2008
c'est vrai,
tout comme ta petite Théo,
un jour pourra je l'espère représenter la RCI si le droit du sol est en vigueur (avec toutes les modifs constitutionnelles, j'avoue que je ne sais plus où on en est à ce niveau là en RCI)
Ecrit par : Djé | 17.01.2008
J'avais cette discussion avec un ami l'autre soir. Je suis quarteron mais j'ai tendance à dire métis pour sortir des catégorisations trop compliquées. Il est vrai qu'il est dur d'être métissé. Quand je vais à Abidjan, je suis un tiwé, quand je vais à Bordeaux, je suis ... quelque chose... Le quarteron a le chic d'être encore plus compliqué à définir. Pour les arabes je suis un arabe, pour les blancs je suis bazané et pour les noirs, je suis un blanc un peu bronzé. Telle est ma vie, coïncée entre deux chaises, mais pour vivre, je dois dépasser cette dichotomie et me définir en tant qu'espèce et non sur une base ethnique : je suis un être humain. Sinon, que dirais-je à mes enfants? Je suis quarteron ivoirien, ma femme est quarteronne camerounaise et sa mère est américaine. Nous vivons à Bordeaux... Que sont mes enfants au regard de ces catégories si ce n'est des êtres humains?
J'aime profondément mon Pays natal, sa culture, sa musique, sa littérature, ses contes, mais je vis en France et ça aussi ça fait partie de moi, ça me défini.
Pour revenir à Barack Obama, je pense qu'il a dépassé cette question et parle au nom de ses idées politiques avant-tout. Son taux de mélanine n'ayant pas grand chose à faire dans le débat. et c'est peut-être aussi un peu pour ça qu'il n'a pas trop les faveurs de la communauté noire. Ceci-dit j'aime beaucoup ce passage dans le discours d'Edgar : "mais dire que Barack est noir ce n'est pas lui cacher l'autre partie de lui-même, c'est lui exprimer notre ouverture, lui ouvrir les bras." Une ouverture qui fait du bien à lire.
Et je remercie Djé pour dire qu'il faut nous appeler par ce que nous sommes, outre le fait d'être "un des plus beaux fruit de l'hummanité" (touché ;) ), nous sommes des êtres humains.
Ecrit par : Kwaame | 17.01.2008
Merci Kwaame, pour l'enrichissement du débat. Il nous faut réellement dépasser l'enracinement ethnique dans la perception des réalités identitaires. Cela reste cependant un idéal.Puisque les couleurs sont des choses que l'on découvre avant même d'apprendre à raisonner.
Pour moi, en tout cas, vous êtes un homme. Un noir. C'est-à-dire l'un des miens.
Si vous deveniez maire de Bordeaux, je n'aurais aucun complexe à dire "un ivoirien est maire de Bordeaux".
Un métis a le droit de se percevoir comme un blanc ou un noir. Mais vu de mon oeil, un ivoirien même phénotypement blanc est noir.
Ecrit par : Edgar | 17.01.2008
Le monde aura enfin changé quand on ne définira plus un homme par sa couleur...
Je me définis souvent comme métis parce qu'ayant des racines multiples génétiques ou sentimentales... Je n'ai pourtant (à ma connaissance) pas la moindre once de ce sang que l'on dit noir, à moins de remonter jusqu'à cette chère Lucy ;-)
L'avis de Thuram sur la question : http://troisiemegeneration.over-blog.org/article-15785606.html
Ecrit par : Madison | 20.01.2008
En attendant que le monde change... on fait avec et ça donne des choses comme "troisième génération", regroupement, somme toutes, à relents identitaires, qu'on le veuille ou non...
Ecrit par : Edgar | 20.01.2008
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