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16.01.2008
(Se) développer sans (s’) envelopper
Plusieurs idées se télescopent à propos du développement. En Afrique et même en occident, on imagine généralement qu’être développé s’est avoir accumulé des biens matériels ou avoir acquis du confort.
Bien que le faste et l’aisance matérielle soient des indicateurs importants de « développement », ils sont en fait, au développement, ce que l'eau est à la pluie.
La pluie mouille la terre, mais toute terre mouillée ne l’est pas par l’effet de la pluie. En fait, le confort matériel peut surgir sans développement. Mais il n’y aura de développement que si les conditions techniques du renouvellement du confort sont réunies.
A l’échelle sociale, le développement présuppose donc la solidarité, non pas au sens humaniste d’un partage des ressources, mais au sens « travailliste » d’une distribution rationalisée des tâches. Sans une structuration rigoureuse des forces productrices de la société, il ne peut y avoir, tout au plus, qu’enrichissement, le développement allant plus loin que la stricte accumulation de biens.
C’est dans sa capacité à inscrire dans son fonctionnement permanent les conditions du renouvellement du bien-être qu’une société peut estimer être développée.
Or, le bien-être d’une société étant fonction de ses propres buts, comment atteindre le développement en important servilement le mode de vie
d’autrui ?
Y a-t-il vraiment une manière de vivre propre à chaque peuple ? Les nouveaux moyens de communication ne travaillent-ils pas à éroder la personnalité des cultures ?
Comment l’Afrique peut-elle se développer sans être une Europe tropicale ?
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