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29.01.2008

Formation civique, cohésion sociale

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La crise kenyane n'a pas fini d'étaler sa galerie d'horreur. La violence s'intensifie et s'"ethnicise". Aujourd'hui, c'est la police kenyane qui a ouvert le feu sur des manifestants qui tentaient de s'en prendre à des personnes du groupe ethnique de l'opposant Odinga.

Le déchirement de la nation kenyane, revèle la fragilité de la cohésion sociale dans cet Etat qui est apparu, de longues années, comme un modèle de stabilité socioéconomique. Comme en Côte-d'Ivoire, l'on est passé d'une relative stabilité à de profonds déchirements.

Ces bouleversements (apparents) s'expliquent, à notre avis par un même facteur : le déficit de formation civique.
Certains observateurs estiment que la formation civique n'est pas utile, là où les resources font défaut. Si cette vision a sa raison d'exister, on est toutefois en droit de se demander si les diférents déficits constatés ne sont pas eux-mêmes quelque fois le produit d'une mauvaise appréciation du contexte républicain.

Quand l'ethnie sert de fondement au positionnement, quand le substrat doctrinal n'a nul sens devant les intrérêts du clan, l'on est jété, pieds et poings liés dans l'aire de l'aventure.

Le débat politique au Kénya a quitté les urnes, pour s'abimer dans des lectures de type clanique. Un kikuyu, ou un Luos se considère-t-il d'abord comme un Kenyan ?

Si tel est le cas, la crise kenyane est déjà résolue à au moins 70 %.