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18.02.2008

18 février, de la taule au palais

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18 février 1992 -18 février 2008, 16 ans aujourd'hui : Laurent Gbagbo et son épouse avaient été arrêtés par le pouvoir alors en place.

Une descente punitive de para commandos sur une cité universitaire, terrible nuit de sauvagerie sur les cités universitaires de Yopougon et le feu était mis aux poudres.

L'enquête situant les responsabilités, Houphouët avait choisi de ne sanctionner personne. L'opposition dénoncera et menacera de traduire sa désapprobation par une série de marches de protestation.

18 février 1992, à l'appel des principaux leaders d'opposition, Gbagbo, Zadi, Wodié, Moriféré...des milliers de militants déferleront sur la commune du Plateau. Devant les menaces de mort, un certain nombre de leaders, bien qu'ayant appelé leurs militants à la marche, ne feront pas le déplacement du 18 février 1992.

L'histoire retiendra que Wodié et Zadi furent absents à l'avenue Nangui Abrogoua, lieu de ralliement. La police et la gendarmerie chargeront : Gbagbo et son épouse seront arrêtés et conduits à la Maca.

8 ans plus tard, Gbagbo était élu à la tête de la Côte-d'Ivoire.

Commentaires

Merci pour ce rappel historique, parfois il est important de se poser et de faire comme disait le vieux "un petit retour... en arrière".

Ecrit par : Kwaame | 19.02.2008

Mon cher Edgar. Toi seul (et tu es bien seul à le faire) te souviens encore (comme moi-même)de ce ... 18 février 1.992 ! Sois béni, et que Dieu te garde. P.Arnaud

Ecrit par : Paul Arnaud | 21.02.2008

18 février 1992. Une date qui restera sans doute longtemps encore dans ma memoire. ADO est au pouvoir, une marche est déclenchée pour protester contre la tuerie et les barbaries perpétrées contre les étudiants de Yopougon et surtout l'attitude désinvolte du vieux, qui refuse de sanctionner les coupables courageusement désignés par l'un des seuls incorruptibles qu'ait jamais connu ce pays, le Juge HOGUIE Camille. Wodie et les autres planqués en politique se débinent, Koudou et Simone restent et marchent en tête.

La suite, on la connait. Koudou échappe a un assassinat, la balle qui lui était destinée le rate et après avoir ricoché sur le macadam, fait éclater la rotule d'une dame qui le suivait. Traque, arrête et sauvagement battus il manque encore d'y laisser sa vie. Simone est encore plus touchée. Puis vient l'accusation, grotesque et puérile des juristes du PDCI, qui ne trouvent rien d'autre que de pondre, dans la précipitation, la fameuse Ordonnance no 92-80 du 17 février 1992 portant répression de certaines formes de violence, réplique de la loi française anti-casseurs qui instaure, contre tous les principes juridique, une responsabilité pénale du fait d'autrui, l'instigateur d'une marche devenant pénalement comptable des dégâts survenus pendant la marche, autant dire causes par les infiltres.

Cette ordonnance, forgée a posteriori pour les besoins de la cause et prétendument signée la veille de la marche par un président Houphouët-Boigny déjà bien malade et a l’étranger, n'était en réalité qu'un faux grotesque, une véritable forfaiture de la part de Ouattara, qui démontrait déjà sa propension a recourir a la contrefaçon et aux raccourcis de toutes sortes pour parvenir a ses fins. Seul un esprit profondément malhonnête et amoral pouvait en effet tomber aussi bas.

Prise après les évènements mais antidatée, cette ordonnance constituait le fondement de la poursuite alors que, n’ayant jamais été publiée, elle ne pouvait être opposable aux prévenus. Coincé par l’évidence, Ouattara a donc du y renoncer pour faire recours a la co-action, notion totalement inapplicable a la cause, mais que nos juges, encore une fois, se sont empressés de retenir : l’ordre était d’emprisonner, ils l’ont fait, mais avec Gbagbo, la loi, leur indépendance et leur crédibilité se sont aussi retrouvées a la MACA.

Le procès, j’y étais. C’est la que pour la première fois j’approchais Gbagbo. Homme de grand charisme, revêtu d’une autorité naturelle ( ?), ses qualités d’orateur ont cantonné le collectif d’Avocats aux batailles sur les questions de procédure et de droit. Une fois qu’il eut parlé, il n’y avait plus « match ». Je revois Mme MAZOIN Thérèse, complètement dépassée par les événements, laisser transparaître une certaine panique lorsque le premier Avocat achève sa plaidoirie en citant Esaie 10 : « Malheur à ceux qui prononcent des ordonnances iniques, Et aux magistrats qui transcrivent des arrêts injustes, Pour refuser justice aux pauvres, Et ravir leur droit aux malheureux de mon peuple »

Tel Joseph, Gbagbo entrait dans l’épreuve. Il en ressortira vivant, grandi et parviendra au pouvoir.

Laurent, Koudou, Gbagbo, qu’as-tu fait de ce temps ou, comme Joseph, Dieu t’éprouvait et t’équipait pour conduire son peuple dans l’ordre et la Justice ?

Ephésiens 5:14 C’est pour cela qu’il est dit: Réveille-toi, toi qui dors, Relève-toi d’entre les morts, Et Christ t’éclairera.

Ecrit par : coupedecale | 21.02.2008

Je me rappelle un ami qui avait 17 ans à l'époque et qui était lycéen à Bouaké, tentant de me faire croire qu'il avait, lui aussi, suivi ce procès qui s'est déroulé à Abidjan, en pleine année scolaire. C'est comme ça... le passé, comme le dit le poète, ment toujours un peu.

Ecrit par : Edgar | 22.02.2008

Cher Edgar,
Où étais tu et quel âge avais-tu en février 1992? sans doute encore en culottes courtes et certainement pas au procès : je n'y ai vu aucun gamin...

Ecrit par : coupedecale | 22.02.2008

Ah, ah, tu sais l'aigreur ça rend aveugle ! Bon week-end !

Ecrit par : Edgar | 23.02.2008