27.03.2008
Janier et Bassolé entretiennent l'illusion
Deux déclarations, deux personnalités, un message : "les élections présidentielles auront lieu en Côte-d’Ivoire en 2008", chacune des personnalités en présence représentant un accord spécifique sur la crise ivoirienne, Marcoussis, Ouagadougou.
Pourquoi la France et le Burkina officiels persistent-ils à prendre à contrepied l’évidence ? Qui sera le premier à avouer la vérité ? Qui ne craint donc pas de passer pour l’ « empêcheur d’accorder en rond » ?
Tous les techniciens d’opérations électorales vous le diront, aucun indicateur sérieux ne permet d’affirmer que des élections se tiendraient en 2008 en Côte-d’Ivoire. A ce jour, le fichier électoral qui nécessitait une mise à jour rigoureuse n’est pas nécessairement assaini.
La libre circulation de l’administration ivoirienne sur l’ensemble du territoire n’est pas encore totalement obtenue, et le premier ministre chef du gouvernement, n’a toujours pas renoncé à son statut de chef d’une rébellion dont les animateurs sont encore bien en poste, adoubés par leur mentor. Par ailleurs, les fonds nécessaires à l’élection – des centaines de milliards de nos francs – ne sont toujours pas disponibles et la course aux bailleurs ne fait que commencer.
Ne vaut-il pas mieux d’avouer la vérité à l’opinion ? Ou faudra-t-il se résoudre à admettre que la prestidigitation est le jeu favori des médiateurs dans la crise ivoirienne ?
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18.03.2008
Noirocentrisme ? (*)
On raconte une histoire très amusante et très révélatrice à propos d’un groupe de Blancs qui en avaient marre des Noirs. Ces Blancs avaient décidé, d’un commun accord, de s’évader vers un monde meilleur. Ils étaient donc passés par un tunnel très sombre pour ressortir dans une sorte de zone nébuleuse au cœur d’une Amérique sans Noirs, où toute trace de leur passage avait disparue. Au début, ces Blancs poussèrent un soupir de soulagement. Enfin, se dirent-ils, finis les crimes, la drogue, la violence et le bien-être social. Tous les Noirs ont disparu.
Mais soudain, ils furent confrontés à une toute autre réalité, la nouvelle Amérique n’était plus qu’une grande terre aride et stérile. Les bonnes récoltes étaient rares car le pays s’était jusque là nourri grâce au travail des esclaves noirs dans les champs. Il n’y avait pas de villes avec d’immenses gratte-ciel, car Alexander Mills, un Noir, avait inventé l’ascenseur et, sans cette invention, on trouvait trop difficile de se rendre aux étages supérieurs. Il n’y avait pratiquement pas d’automobiles, car c’était Richard Spikes, un Noir, qui avait inventé la transmission automatique. Joseph Gammel, un autre Noir, avait inventé le système de suralimentation pour les moteurs à combustion interne, et Garret A.Morgan, les feux de circulation.
En outre, on ne trouvait plus de réseau urbain express, car son précurseur, le tramway, avait été inventé par un autre Noir, Elbert R. Robinson.Même s’il y avait des rues où pouvaient circuler automobiles et autres rames ferroviaires express ,elles étaient jonchées de papier et déchets, car Charles Brooks, un Noir, avait inventé la balayeuse motorisée. Il y avait très peu de magasines et de livres car John Love avait inventé le taille-crayon, William Purvis,la plume à réservoir, et Lee Burridge, la machine à écrire, sans compter W.A. Lovette avec sa nouvelle presse à imprimer. Vous l’avez deviné ?
Ils étaient tous des Noirs Même si les Américains avaient pu écrire des lettres, des articles et des livres, ils n’auraient pu les livrer par la poste, car William Barry avait inventé le tampon manuel et Phillip Downing, la boite aux lettres. Le gazon était jaunâtre et sec, car Joseph Smith avait inventé l’arrosoir mécanique, et John Burr, la tondeuse à gazon. Lorsque les blancs entrèrent dans leurs maisons, ils trouvèrent que celles-ci étaient sombres, pas étonnant, Lewis Latimer avait inventé la lampe électrique, Michael Ha rvey, la lanterne, GrantvilleT. Woods, l’interrupteur régulateur automatique. Enfin leurs maisons étaient toutes sales car Thomas W.Steward qui avait inventé la vadrouille(balai) , etLloyds P. Ray, le porte poussière, leurs enfants les accueillirent à la porte pieds nus, débraillés et les cheveux en broussaille, à quoi fallait-il s’attendre ?
Jan E. Matzelinger avait inventé La machine à formes de chaussures, Walter Sammons, le peigne, Sarah Boone,la planche à repasser, et George T.Samon, la sécheuse à linge. Les Blancs se résignèrent finalement à prendre, une bouchée, dans tout ce chambardement, mais pas de chance, la nourriture était devenue pourrie car c’était un autre Noir, John Standard, qui avait inventé le réfrigérateur. N’est-ce pas étonnant? Que serait le monde moderne sans contribution des Noirs? Martin Luther King Jr. a dit un jour ’Quand vous êtes prêts à partir pour le travail, sachez que la moitié de toutes les choses et de tous les appareils dont vous vous êtes servis avant de quitter votre maison a été inventée par des Noirs’.
Tout ça, pour vous dire chers frères et sœurs que l’histoire des Noirs ne se résume pas seulement à l’esclavage. Quand nous pensons à Fréderik Douglass, Martin LutherKing Jr, Malcolm X, Marcus Garvey et Du Bois. Diffusez ceci à tout le monde afin que tous sachent la vérité, c’est le minimum que nous puissions faire pour leur rendre hommage. Comme disait Bob Marley ’Time will tell’ (le temps le dira).
(*) Source Zinga
J'ai décidé de le publier, parcequ'il ne doit passer inaperçu...je crois. Faites comme moi.
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16.03.2008
Un villageois à la mairie (II)
15:30 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
13.03.2008
Insolite : un villageois à la mairie !

C’est l’ « affairage » le plus croustillant de l’année, le très mignon Yoro, l’un des notables d’Ivoire-blog, se marie samedi prochain, 15 mars, c’est-à-dire dans deux petits jours…
Il a tagué une charmante demoiselle (pré)nommée Ange, comme l’indique son regard.
Si vous ne recevez pas de post de Yoro samedi, ne lui en voulez pas. Il a rendez-vous avec le Maire de Cocody, à l’hôtel Communal à 11 h 45 et avec le Pasteur de l’Eglise Evangélique des Assemblées de Dieu de Cocody, à 13 h 30.
A 15 h et peut être plus, (voyez, les embouteillages, les klaxons…) on sera encore là.
Vers 16 heures ou 17 heures Ange et Yoro nous invitent au Mess de l’Etat-major au plateau, où un cocktail sera servi, en l’honneur des nouveaux mariés
Pour les cotisations, vous pouvez me contacter. Envoyez-moi tout ça par fichier-joint !
06.03.2008
Crise au Cameroun : un intellectuel analyse (I)
Par Franklin NYAMSI
Professeur agrégé de philosophie
Lille-France.
A mon regretté compatriote, camarade et ami Jacques Tiwa,
assassiné en pleine rue, d’un mitraillage à bout portant
par l’armée de Paul Biya, le 28 février 2008 à Douala.
A tous les autres martyrs de la justice et de la liberté au Cameroun.
A tous les prisonniers politiques des geôles saturées du Cameroun.
Le Cameroun n’est-il pas ce havre de paix et de stabilité dont l’Afrique Centrale a besoin pour s’excepter des décennies d’agitation politique qui la rythment ? Les camerounais ne sont-ils pas chanceux quand on voit ce qui s’est passé ou se passe dans les deux Congo, en Centrafrique, au Nigeria, au Tchad ou au Niger ? Le bon sens apparent qu’insinuent ces questions récurrentes dans le discours officiel du régime de Yaoundé se heurte au bilan dramatique des journées d’émeutes qui se poursuivent en cette fin de mois de février 2008 au Cameroun. Le cortège des citoyens assassinés par les régimes successifs et solidaires d’Ahmadou Ahidjo et de Paul Biya continue de s’allonger. Aux morts superflues et anonymes suscitées par les politiques criminelles d’impuissance et de courte vue de ces régimes, s’ajoutent devant les écrans de télévision et sous le flash impromptu des téléphones portables, les morts ostensibles provoquées par la soldatesque antipatriotique au Cameroun lors des manifestations légitimes de la population contre la vie chère, contre les coupures intempestives d’eau et de courant, contre la corruption des administrations et des forces de sécurité, contre les tricheries aux concours, contre l’abandon de la majorité à la misère, contre les élections constamment truquées, contre l’illégitimité structurelle et le cynisme sans bornes des régimes néocoloniaux Ahidjo et Biya. Comment comprendre cependant l’extraordinaire dispersion des revendications, des motifs de colères et peut-être ou sûrement des objectifs que poursuivent les populations révoltées ? Tel est le défi que les journées tragiques de février 2008 lancent à notre intelligence. Nous comptons montrer qu’en réalité dans cette affaire, il y a deux petits larrons et une immense victime.
Le concept de crise peut être convoqué pour clarifier ce qui se donne aujourd’hui en manifestations disparates. Il y a crise là où les anciennes réponses que l’on donnait aux problèmes ne fonctionnent plus. Il y a crise là où la tradition échoue à expliquer et féconder la modernité. Il y a crise quand ce que demande le présent n’est plus disponible dans ce qu’offre le passé. Il y a crise quand le passé ne passe plus, quand l’avenir n’est plus ouvert. La crise est dès lors moment de rupture ou de cassure, de révolution ou de réforme, car de la manière dont elle est jugulée, dépendront la nature et la consistance des relations humaines nouvelles qui s’instaureront. Dans les conditions de crise, l’échec d’une société à affronter l’imprévisible présent se traduit par des convulsions qui se disséminent dans tout le corps social, notamment aux endroits où les réponses font le plus cruellement défaut. Dans le cas du Cameroun, le bât blesse au niveau de l’exercice de la souveraineté populaire, au niveau de la répartition des ressources économiques et au niveau de la production de l’intelligence collective. En réalité, trois crises concomitantes traversent le Cameroun depuis sa naissance néocoloniale : une crise politique, une crise économique et une crise socioculturelle. Ce sont ces trois crises qui forment le triangle infernal camerounais et qui rejaillissent en lame de fond des colères qui traversent les populations, échappant par principe à la thèse sommaire et cynique du régime de Yaoundé, qui crie comme d’habitude à la manipulation des manifestants par des apprentis sorciers tapis dans l’ombre.
La crise politique tient à l’illégitimité structurelle des institutions politiques héritées du colonisateur français. L’indépendance du Cameroun a été en réalité un arrangement entre la France gaullienne et les camerounais qui lui étaient fidèles. Le Cameroun moderne a été confié à ceux des camerounais qui n’en voulaient pas l’indépendance. Il s’en est suivi depuis les années 60 une série d’élections truquées qui ne traduisent quasiment jamais l’expression réelle de l’opinion citoyenne. Il s’en est suivi des institutions qui sont caporalisées par une minorité politique et démographique évidente. La police, la gendarmerie et l’armée nationale ont de ce fait été retournées – par des salaires exceptionnels et par un laxisme envers le rançonnement du peuple- contre les populations qu’elles sont passées expertes dans l’art de mater, d’intimider et d’assassiner. Les institutions politiques camerounaises sont donc essentiellement assises sur un agenda permanent de la terreur récurrente et prospective. Le gouvernement, l’assemblée nationale, le Sénat, les ministères, les ambassades, les entreprises d’Etat, fonctionnent tous comme des rouages d’un vaste projet anti-populaire. Le contact du citoyen lambda avec n’importe laquelle de ces institutions se fait toujours sous les registres de l’intimidation, du stress, de la peur-panique, de la jérémiade, de la pitié, de la supplication et de la vénalité. Le peuple camerounais est humilié tous les jours par ses supposées propres institutions. Qui ne sait pas aujourd’hui qu’il existe un lien intangible entre le respect des libertés politiques fondamentales et le développement économique durable d’un pays ? Qui douterait encore de l’impact de la crise politique originelle du Cameroun sur la crise économique qui atteint son point paroxystique dans ce pays ?
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