topblog Ivoire blogs Créez votre blog Envoyer ce blog à un ami

« 2008-05 | Page d'accueil | 2008-05 »

19.05.2008

Soro / Zakaria : énigmes d’une divergence

1daa6b1173bb64ce33733f262868c39e.jpg« Je ne tolérais plus l’indiscipline », menace Soro Guillaume, à la fois premier ministre du gouvernement ivoirien et chef de la rébellion des Forces Nouvelles. Le disant, il indexe un de ses lieutenants, Koné Zakaria patron de la « zone 5 » des F.N., donné pour fugitif depuis samedi dernier.

On s’en souvient, Zakaria – dont la « cavale » semble l’avoir mené au Mali – n’a pas pris part samedi 17 mai
dernier à la cérémonie de démobilisation de ses éléments à Séguéla.
Mais une telle absence, lue de manière quasi-univoque comme une contestation marginale, tient elle réellement du fait isolé ou procède-t-elle en fait d’une stratégie concertée?

La « divergence » Soro/ Zakaria pourrait être appréciée autrement que comme un désaccord, à la lumière des présupposés fondant les rapports entre le pouvoir ivoirien et la rébellion des Forces dites nouvelles.
Si s’appropriant une caricature du feu Général Gueï, les Forces Nouvelles et l'opposition en général voient en Gbagbo un « boulanger », rien n’empêche qu’elles veuillent désarmer en partie, comme pour se donner les moyens de prendre l’ « adversaire » à revers, en cas d’échec de la romance Forces Nouvelles/ Forces présidentielles.

Dans une telle logique Zakaria ne serait pas nécessairement un contestataire mais la pièce d’une stratégie globale visant à ne pas tomber dans les rets d’un camp présidentiel encore relativement redouté. En effet, c'est moins la personne de Soro Guillaume que l’opération de désarmement qui se trouve défiée dans la posture de Zakaria. L’ « option » Zakaria est manifestement une stricte contestation de la démobilisation des forces rebelles.

La nomination d’un chef de guerre en plein processus de désarmement

En fait, Soro Guillaume se démarque-t-il clairement d’une telle option, en nommant un remplaçant à Zakaria ? N'indique-t-il pas que la rébellion n’a pas renoncé à l’exercice du pouvoir sur les zones assiégées ? Comment comprendre qu’en plein processus de désarmement et donc de démantèlement de toutes forces non légales, le premier ministre en soit toujours à exercer une administration exclusive et marginale sur certaines parties du territoire ?

Le prolongement du « mandat » du premier ministre à la tête des forces nouvelles

Mais pour mieux cerner une telle logique, il faut comprendre que Soro, bien qu’étant devenu premier ministre, n’a jamais renoncé à son statut de chef des forces rebelles. Il aurait pu, à l’instar du Président du la République renoncer à la direction de son mouvement politique d’origine. Premier Ministre de « tous les ivoiriens », Soro Guillaume n’est nullement astreint à l’impartialité parce qu’il reste le principal chef de la rébellion. Avec ce que cela peut impliquer comme incidences politique, administrative et judiciaire.

L’option tacite du règlement extrajudiciaire ?

Zakaria peut bien être l’agent d’un certain plan B, mais s’il devait être en réelle opposition avec Soro, devrait-on s’attendre à un règlement judiciaire de la divergence ; ou serait-il question de ces méthodes largement éprouvées qui firent à ‘Kass’, ‘Mobio’ et à bien d’autres lieutenants, la leçon radicale ?
Vivement la normalité pour que cessent les pratiques surannées !