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11.07.2008

l'affaire RAMAËL-KIEFFER ou comment la France entend noircir les mains de l’opération mains-propres

f603fa2f34639115776c74fa832633c0.jpgIl y a quelque chose de franchement repoussant dans la manipulation continuelle de l’affaire Kieffer. Alors que l’enquête sur ce dossier avait déjà abouti à l’arrestation de deux ivoiriens mis en examen et détenus en France, le feuilleton s’est réinvité ces jours-ci en Côte-d’Ivoire, précisément, dans une atmosphère nationale déjà tendue par la hausse du prix du carburant et la mise en examen, par la justice ivoirienne, de gros décideurs soupçonnés de malversation au sein de la filière café-cacao.

Mais en convoquant à Paris Simone Gbagbo, parlementaire ivoirienne, la justice française n’attendait rien d’autre que l’évidence, c’est-à-dire l’absence de la parlementaire à une telle audience. On le sait, le fait qu’un parlementaire ivoirien comparaisse devant des tribunaux français est aussi peu probable que celui de voir, par exemple, les Généraux français, Poncet et Destremau répondre de leurs actes devant un tribunal militaire ivoirien.

En fait, en remettant sur le tapis l’affaire Kieffer en ce mois de juillet 2008, l’opération « mains sale » du juge Ramaël visait deux tâches symboliques, elles-mêmes contigües : inciter les éventuels ministres ivoiriens convoqués dans l’affaire café-cacao à se dresser contre l’opération mains propres en frappant une telle opération d’une présomption de partialité.

La citation à comparaitre adressée au ministre Bohoun Bouabré « pour malversation dans la filière café-cacao » n’a d’autre but que de donner l’impression à l'extérieur du pays, que le FPI, impliqué au sommet dans cette affaire n’est pas autorisé à moraliser la vie publique en Côte-d’Ivoire. Moralité française : il faut donc que toutes les personnes citées à comparaitre agissent à l’instar de Simone et de Paul-Antoine, refusant de répondre devant un tribunal.
En tout cas, M. Ramaël et la justice française en général, auraient voulu salir les bras de l’opération mains propres qu’il ne s’y seraient pas pris autrement !