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01.09.2008

L’upécisme est un humanisme (I)

8491.jpgSeptembre 1958 : 50 ans aujourd'hui que le patriote Ruben Um Nyobé était assassiné par l'ogre colonialiste. Un intellectuel africain convoque le souvenir de l'illustre disparu et analyse les présuposés, la portée et l'impact de la pensée de Nyobé et de ses compagnons, en relation avec l'actualité africaine et particulièrement camerounaise.

Par Franklin Nyamsi
Professeur agrégé de philosophie

Dans la littérature politique camerounaise, il nous paraît incontestable qu’il n’existe pas de formalisation rigoureuse du concept d’upécisme. Mais on y entend souvent par upécisme l’ensemble des valeurs de civilisation théorisées, proférées, défendues et transmises par la lutte de l’Union des Populations du Cameroun – UPC de Um Nyobé, de Moumié, d’Osende Afana, de Ouandié, de Ndoh, de Kuissu, de Mack-Kit et Moukoko Priso - contre l’esclavage, la colonisation et la néocolonisation, mais aussi contre leurs succédanés naturels que sont la violence aveugle, le gaspillage, la corruption généralisée, le tribalisme et l’obscurantisme féodalo-religieux.

Si cette définition générale de l’upécisme ne surprend sans doute aucun upéciste fidèle à la lutte des pères fondateurs de la tradition émancipatoire camerounaise, il reste cependant à en produire la systématisation conceptuelle, d’autant plus que la parole upéciste est disséminée dans de nombreux textes, ouvrages, discours dont la diversité des contextes dessert parfois l’exigence de cohérence et l’impératif pratique de cohésion. L’heure requiert par ailleurs une telle tâche car l’œuvre de dispersion et de confusion des idées fondatrices de l’UPC- la babélisation de l’UPC- se poursuit avec hargne sous la houlette de l’administration néocoloniale violente et corrompue de l’UNC-RDPC où les sicaires du biyaïsme rivalisent de prouesses, mais aussi avec l’apport cynique et insidieux de ses nombreux satellites, comme en témoignent les récentes et bien curieuses sorties des sieurs Woungly Massaga et Augustin Kodock (1) pour empêcher les upécistes de se réunir en toute tranquillité à Douala .

Quelles sont donc les valeurs de l’upécisme et comment se sont-elles articulées à travers l’histoire du Cameroun contemporain ? Est-il possible d’en parler sérieusement sans être contraint à faire du rafistolage théorique ? Peut-on s’entendre sur l’upécisme en cette époque troublée par les récupérations politiciennes de l’image de l’UPC par des taupes de l’Etat néocolonial UNC-RDPC ? Au moment où s’achève, en ce mois d’août 2008, le Congrès tant menacé et redouté de la seule formation politique qui porte comme emblème l’espérance la plus profonde des hommes, femmes et enfants du Cameroun de cesser d’être condamnés à la superfluité anthropologique et de vivre dans le bien-être, l’égalité politique et la dignité ; au moment où s’achève le Congrès de la seule association camerounaise qui porte comme signe de reconnaissance la souffrance multiséculaire des populations du Cameroun face à l’esclavagisme, à la colonisation et à la néocolonisation, il nous paraît opportun de porter sur les fonts baptismaux l’upécisme comme humanisme camerounais à rayonnement universel.

La tâche sera-t-elle aisée ? Examinons-en d’abord les écueils, en partant des images écornées de l’upécisme, tel que le travestissent les suppôts et pseudo-penseurs de la néocolonie....



Notes
1.L’orchestration Massaga-Kodock autour de ce congrès est évidente, même si l’un et l’autre ne revendiqueront qu’une pure coïncidence. Auquel cas, il faudrait s’en remettre à un tiers qui les aurait tous actionnés en les tenant à l’insu de leur coopération mutuelle. Ce tiers n’est pas bien loin : c’est le régime-Biya qui nourrit nos deux hommes. La manière dont les choses se sont passées frise en effet la cabale à ciel ouvert. Un coup de semonce a été lancé par l’un, tandis que l’autre était supposé porter le coup de grâce. Dans une lettre écrite avant le Congrès de l’UPC des 14-18 août 2008 au Ministre de l’Administration Territoriale du Régime-Biya, Woungly Massaga exhorte l’autorité de fait à ne pas considérer comme Congrès de l’UPC, le Congrès tenu par l’UPC dont il a lui-même nommément démissionné au début des années 90. Quelque temps après la tenue effective contre vents et marées dudit congrès, voici que, déçu et écumant de rage à la fois contre l’autorisation préalable de ce Congrès et sa tenue effective, sort du bois un certain Augustin Kodock, militant de longue date de l’UNC-RDPC, qui menace de représailles les journalistes camerounais refusant de travestir la vérité morale, politique et historique de l’upécisme fidèle. Augustin Kodock se fait peur…

Commentaires

Merci pour cette serie au moment ou nous feterons la mort de Um Nyobe la semaine prochaine.

Ecrit par : Etum | 02.09.2008

Bonjour,

Très bon billet...
Je me permets de le poster sur bao.afrobazz.com

A bon entendeur

Ecrit par : Paul & Mick | 02.09.2008

Les commentaires sont fermés.