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12.09.2008

L'upécisme est un humanisme VI

suite et fin de la lumineuse intervention du Pr Nyamsi sur les ressorts théoriques de l'UPC : toute une éthique de la dignité et de la combativité.

1172601714_Lion.jpgFaut-il dire ce que l’UPC a offert et offre encore en cadres aux universités, grandes institutions et associations de haute portée dans le monde ? Nous illustrerons seulement cet impératif d’excellence anthropologique inséminé par les upécistes dans l’esprit des populations camerounaises en analysant brièvement le détournement des thèmes du nationalisme camerounais dans le discours de l’excellence sportive que tient la propagande de l’UNC-RDPC pour abriter ses forfaits derrière l’hilarité des camerounais en période de succès des équipes nationales. A-t-on bien noté que pour tous les analystes, la force des équipes sportives camerounaises vient de leur mental, de leur endurance exceptionnelle et de leur détermination face à l’adversaire ? Tout le monde le dit, mais personne ne se demande suffisamment : qui les joueurs camerounais imitent-ils ainsi ? Quels sont leurs modèles ? D’où leur vient cette mentalité de résistance ? Est-ce parmi les héritiers de la néocolonie que les sportifs camerounais trouvent leurs modèles ?

Qu’ont enduré les Mbida, Biya, Okala, Ahidjo, et leurs petits acolytes, pour posséder les manettes de l’Etat camerounais ? Ont-ils lutté contre le colon ? Ont-ils affronté l’abomination la plus abjecte qu’on ait fait subir aux camerounais ? L’histoire récente du Cameroun est incontestable sur cepoint. Ce sont des lâches qui nous gouvernent. Ils ont tôt, très tôt choisi le camp de l’assimilation et de la collaboration avec l’ennemi colonial. Allez lire les biographies de ces gens et tracez scrupuleusement leurs parcours. Ils doivent tout au Cameroun et le Cameroun ne leur doit rien. Ce ne furent jamais des Lions Indomptables, mais bien au contraire, de bons moutons. Les régimes Biya et Ahidjo ont été constitués des meilleurs fleurons de la prostitution politique coloniale. Est-ce un hasard s’ils ont signés des accords de coopération cyniques et iniques avec leurs maîtres tutélaires dès qu’ils ont accédé au pouvoir ? L’UNC-RDPC, contrairement à l’ANC en Afrique du Sud, contrairement au ZANU-PF au Zimbabwé, contrairement au MPLA en Angola ou au FPI en Côte d’Ivoire, par exemple, ne fut jamais un parti de résistants, ni de combattants intrépides.

Les Lions Indomptables du Cameroun ne s’inspirent donc jamais au fond des leaders des régimes Biya et Ahidjo. Cqfd. Or de qui s’inspirent-ils ? Cela est aussi incontestable : l’histoire de la vaillance, du courage, de l’endurance et de la persévérance camerounaises à partie intimement liée avec l’histoire du nationalisme camerounais. Et l’upécisme est le nationalisme camerounais par excellence, l’affirmation que nous sommes nés pour êtres fiers et debout et que jamais nous ne fûmes des barbares. Les Lions Indomptables vivent et survivent ainsi de la graine upéciste semée dans notre peuple par la résistance anti-coloniale et anti-néocoloniale. Voici – en ne prenant que les défunts pour ne frustrer personne- quelques noms des vrais Lions Indomptables de notre histoire : Um Nyobè, Félix Moumié, Ernest Ouandiè, Osende Afana, et tous ceux qui restent fidèles à leur orientation émancipatoire. Autre illustration : peut-être aussi faut-il enfin comprendre pourquoi les fans d’un certain club dans le littoral, très connu pour son ancrage dans les vieux terroirs de la résistance, se font carrément appeler « peuple », alors que leur club porte le nom même de la force résistante, cette fameuse dunamis des grecs, que nous possédons de tout temps dans nos entrailles endolories par le poison amer et insidieux de la contrepropagande néocolonialiste…

Au fait, pour quels faits d’armes contre le colon un certain Paul Biya s’est-il fait nommer homme-Lion ? Peut-on s’abriter derrière les canons de la néocolonie contre son peuple et se prétendre véritablement homme-Lion ? Peut-on asseoir son pouvoir sur la peur – émotion des lâches et des faibles – et se présenter comme le plus valeureux de ses concitoyens ? La violence arbitraire, pour qui sait la cerner, est un redoutable aveu de faiblesse politique, car elle révèle l’absence de lien éthique entre les gouvernants et les gouvernés. Mieux, elles révèlent que les gouvernants eux-mêmes ne sont pas à l’abri les uns des autres. A cela, nous voulons opposer une confiance populaire retrouvée grâce au changement démocratique. En ce temps-là, un ancien président de la république du Cameroun ne sera plus contraint, s’il perd le pouvoir, d’aller mourir en exil…

Oui, il est grand temps de récupérer, de renouveler, de systématiser, de confronter et de propager les idéaux de l’upécisme. Pied-à-pied, idée-force par idée-force, projet contre projet, vérité contre contre-vérité, mobilisation contre répression, révolution contre réaction, c’est ainsi seulement que nous ferons reculer, puis cesser le cauchemar de non-sens et d’arbitraire qui dure depuis l’orée du XIXème siècle au Cameroun. Et ici, l’enseignement de Marx est irrécusable. C’est lorsque la théorie de la situation de domination est transmise de l’élite révolutionnaire vers les masses que les masses- lorsque comme aime à le dire mon ami et camarade Yves Beng, les masses savent enfin ce qu’elles connaissent- à leur tour, renversent la situation réactionnaire. La bataille des idées doit être livrée avec autant de détermination que nécessaire pour que les masses soient innervées de la vérité sur leur condition historique. C’est la tâche de tous les upécistes, c’est le devoir de tous les camerounais(e)s désireux de voir naître un véritable foyer de civilisation chez nous, c’est-à-dire de concrétiser l’upécisme en l’instituant en un Etat de droit pluraliste, anticapitaliste, prospère, démocratique, écologique et culturellement innovant.
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Vous demandez laquelle des UPC- comptant ainsi certains vieux épouvantails du pouvoir comme des UPC- peut servir de creuset à cette innovation civilisationnelle ? Je réponds clairement : la seule et unique UPC qui reste fidèle à la ligne directrice et originelle de l’upécisme, c’est-à-dire la seule qui ne collaborera jamais avec ceux qui pillent nos terres, mers et forêts, ceux qui nous empêchent de nous réunir librement, ceux qui tuent nos enfants affamés ou les livrent à l’abandon, ceux qui font de nos hôpitaux de sinistres mouroirs, de nos routes des lieux de racket, de nos administrations des moulins à corruption, oui ceux-là. Vous les connaissez, ils se connaissent, nous nous connaissons : vomissons-les et que reviennent les temps immémoriaux de notre irréductible liberté ! Car soyons clairs : tant que l’upécisme vivra, l’espérance camerounaise survivra. La mort de l’upécisme signerait la mort de l’humanité camerounaise, c’est-à-dire la réduction de tous les camerounais survivants au rang de sinistres zombies. Qu’il nous soit permis d’avoir encore et toujours la force morale de refuser un tel destin pour nous-mêmes, et même pour nos pires adversaires politiques…

Rouen, ce 30 août 2008.

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